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Ghostface Killah – 36 Seasons

 

  Le mois de décembre 2014 nous a réservé des albums peaufinés, ce qui a pas mal chamboulé nos classements provisoires. Le 11 ème opus de Ghostface Killah, 36 seasons, fait partie de ceux-là. Lorsque le vétéran de Staten Island a annoncé ce projet, la plupart des fans ont été surpris, car ils se focalisaient surtout sur son album Sour Soul avec le trio Badbadnotgood, prévu courant 2015.

   Niveau lyrics on sent que 36 Seasons est une suite spirituelle de 12 Reasons To Die. On nous plonge dans une autre histoire dramatique dans lequel Ghostface joue évidemment le rôle du héros. Il affronte un traître après avoir quitté son quartier pendant 9 ans (donc 36 saisons). Après des gunfights animés il finira par vaincre l’adversité. Vous n’échapperez pas à la petite histoire d’amour habituelle. Bref on assiste à un véritable long métrage plutôt classique mais bien amené. On aurait tout de même aimé que d’autres membres du Wu-Tang soient là.

  Le groupe The Revelations, qui a assuré toute la production du LP, puise une grande partie de son inspiration dans la soul. Par exemple It’s a Thin Line Between Love and Hate est à la base un morceau chanté par le groupe The Persuaders en 1971. Ceux qui connaissent Ghostface savent que son amour pour ce genre n’a pas de limite. Il existe en tout trois titres chantés, nous permettant de reprendre notre souffle dans un album rapide et agressif. En effet la majorité du temps, on vit des moments plus tendus nous rappellant qu’on se trouve dans un monde fictif à la marvel.

  Avec 36 Seasons, on peut parler de travail en équipe, un peu comme pour l’album Ironman. Les expérimentés Kool G Rap et AZ sont régulièrement présents et apportent une variété convaincante niveau style. N’oublions pas Pharoahe Monch qui intervient en tant que docteur dans Emergency Procedure. Tous les anciens seront émus d’écouter ces quarantenaires qui font de la résistance. Le titre Love Don’t Live Here No More, avec la chanteuse Kandace Springs, vous rappellera tout de suite le début de C.R.E.A.M. .
  Bon faisons quelques doléances. Je vais en agacer certains mais je n’ai jamais trouvé AZ très impressionnant. C’est tout juste un bon sidekick qui a une voix d’ado pour moi. Et là on sera tous d’accord, la présence de Shawn Wiggs est plus que futile. Mais bon Ghostface l’aime bien donc il lui laisse un peu de place. Le rappeur Nems est une bonne surprise et montre assez de talent pour tenir la comparaison avec les « dinosaures ».

  36 Seasons s’avère être un album d’excellente facture qui se hisse au niveau de 12 Reasons To Die. Ghost a une voix plus graveleuse, demeure affûté et montre une motivation admirable après plus de 20 ans de carrière. La production est maîtrisée avec efficacité malgré un certain manque d’ambition. On reste aussi sur notre faim vu que le disque n’excède pas 40 minutes d’écoute.  En tout cas 36 Seasons se place facilement dans le top 5 de 2014 et confirme selon mon humble avis que Ghostface Killah possède la meilleure discographie de tous les rappeurs.

 

Ghostface Killah - 36 Seasons

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Jam Baxter – So We Ate Them Whole

 

  Le rappeur Jam Baxter, membre du groupe Contact Play, revient nous mettre une baffe avec un autre bijou venu directement de l’île qu’on trouve au nord de l’hexagone. L’album se nomme So We Ate Them Whole et fait suite à l’excellent Gruesome Features. Il est sorti au mois de décembre 2014 via High Focus Records et contient 14 plages.
 
  Ici, mis à part Dirty Dike, les featurings en rap et les interludes sont inexistants, indiquant que Jam a beaucoup de choses à nous raconter. Ses propos se révèlent bizarres, tordus et dérangeants, comme la couverture du LP. Ils prêtent à réfléchir et nécessitent plusieurs écoutes pour être assimilés. Son flow est encore plus affûté qu’avant, avec des accélérations bien placées et une endurance respectable. Il surfe sur les beats sans sourciller. 

  Ceux-ci sont envoûtants et nous transportent dans une autre dimension, inquiétante et mystérieuse. Tous les titres se suivent avec une logique implacable et se montrent plutôt avant-gardistes sans pour autant nous déstabiliser. En effet les mélodies restent harmonieuses et on ne tombe pas dans l’horrorcore. La seconde partie de l’album sonne tout de même plus electro d’ambiance et s’avère moins pêchue que la première, plus jazzy. Eh oui il fallait que j’apporte une petite critique.
 
  Mais on sent que Jam Baxter et son producteur Chemo aka Telemachus ont apporté beaucoup de soin à ce projet. Ils se sont compris et se mettent mutuellement en valeur. La durée du disque est parfaite, ni trop longue, ni trop courte. On y trouve une vraie cohésion et un concept mûrement réfléchi qui donne ses lettres de noblesse au Hip Hop. Je vous conseille donc vivement d’écouter So We Ate Them Whole si vous êtes ouverts d’esprit et que vous souhaitez rafraîchir vos oreilles. Il est au moins de niveau équivalent à celui de Gruesome Features.

 

Jam Baxter - So We Ate Them Whole

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End of the Weak All Stars et 1/2 finale Paris

End of the Weak All Stars

Quoi de mieux pour terminer l’année et débuter les vacances, qu’une bonne soirée End of the Weak, avec les meilleurs MCs français ?

C’est ce qui vous attends samedi soir à la Péniche Le Petit Bain, sur les quais de seine près de Bercy, à l’occasion de la demi-finale Paris du contest. Retrouvez d’abord en lice les MCs Meclan, Sanaï, Ide et l’Ourson, précédements qualifiés lors d’un Open Mic. Pour suivre, aux cotés de DJ Keri aux platines et Dandyguel (champion de France 2012 pour hoster, retrouvez Artik (premier champion du monde en 2006), RES (champion du monde 2013), Lunik (champion Maubeuge 2010), Yoshi (champion Paris 2010), Gaiden (champion Chelles 2010), Mic Orni (champion de France 2008 et Europe 2010), Aladoum (vainqueur Paris 2006), 2Ksee (champion Ile-de-France 2013), Philemon (champion de France 2006), AL20 et Pepso pour un format « All Stars » : par équipe de deux, les champions performeront sur les épreuves et proposeront aussi des showcases.

Informations pratiques :
- Date : Samedi 20 décembre, dès 19h30
- Tarifs : 8 euros en prévente / 10 euros sur place
- Adresse de la péniche Le Petit-Bain : 7 port de la Gare, 75013 Paris

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Wu-Tang Clan – A Better Tomorrow

  Wu ! Wu ! Wu ! Le nouvel album du Wu-Tang Clan, A Better Tomorrow, vient de débarquer sur notre planète. Leur précédent opus, 8 Diagrams, est sorti il y a 7 ans déjà. L’attente, bien que longue, valait le coup. 15 morceaux sont à savourer en tout.

  Malgré les nombreuses embrouilles intestines, tout le monde a répondu présent. Masta Killa a aiguisé son flow et tue lyricalement. GZA est revenu de sa maison de retraite pour nous faire partager son savoir. Method Man, qui apparaît le plus avec Masta Killa, reste lui-même, adaptable à tout type de beat. Cappadonna demeure un peu saccadé mais a haussé son niveau pour faire honneur au groupe. RZA est comme d’hab le chef d’orchestre, le mastermind; c’est grâce à lui que le Wu-tang existe. Inspectah Deck conserve sa précision chirurgicale qu’on a pu apprécier dans l’album Czarface, mais se montre un peu prévisible. Ghostface me fait toujours vibrer avec son agressivité mais aurait pu être plus présent. Il s’est certainement concentré sur son album 36 Seasons, sorti juste après. Raekwon, également moins présent que d’habitude, continue à faire son mafieu à la force tranquille. Enfin U-God, souvent sous-évalué, booste les morceaux avec sa voix grave. Cela fait très plaisir de voir ces quarantenaires toujours ensemble, avec assez d’énergie pour faire rougir la nouvelle génération.

  Question prod vous ne serez pas surpris d’écouter beaucoup d’instrus live, vu que c’est la marque de fabrique de RZA depuis pas mal d’années. Les drums sont donc souvent moins puissants mais en revanche les mélodies gagnent en richesse et en rejouabilité. Certains seront soulagés d’apprendre que l’influence rock se fait moins sentir que dans 8 Diagrams. D’autres producteurs faisant partie de la Wu family ont apporté leur touche de manière convaincante : 4th Disciple et Mathematics. Le talentueux Adrian Younge, qui a déjà travaillé avec Ghostface pour Twelve Reasons To Die, nous fait l’honneur de sa présence avec le titre Crushed Egos

  L’atmosphère est comme sa couverture et son titre, positive et remplie d’espoir. Oui de nombreux problèmes nuisent à notre vie au quotidien, mais ne baissons pas les bras. Allons de l’avant pour améliorer nos conditions. Ne vous inquiétez pas, vous n’aurez pas de sons gnangnans à part les deux refrains de Nathaniel qui ont fait couler pas mal d’encre, et un peu celui de Miracle, qui nous fait penserà un film Disney. Le côté hardcore du Wu-Tang existe toujours, avec ses samples de kung-fu classiques et des couplets meurtriers contenant une bonne dose d’égotrip. Ecoutez par exemple Pioneer the Frontier ou Necklace, qui reflètent parfaitement la “protect ya neck“ attitude. Bref la variété est de rigueur ici. Les pistes s’enchaînent avec élégance et cohésion. RZA a bien géré la tracklist.

  Après une bonne quinzaine d’écoutes, j’estime pour le moment que A Better Tomorrow est supérieur à The W, Iron Flag et 8 Diagrams. Les deux premiers albums sont de toute façon intouchables. Je suis donc pleinement satisfait, et je pense que la majorité des auditeurs apprécieront avec admiration ce disque rempli de morceaux exceptionnels et originaux. Tiger style !

 

Wu-Tang Clan - A Better Tomorrow

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Eminem – Shady XV

 

  L’album Shady XV est disponible depuis le mois de novembre 2014 et inclut deux disques. Le premier nous fait découvrir des titres inédits d’Eminem, du groupe Slaughterhouse (Crooked I, Joe Budden, Joell Ortiz, Royce da 5’9“), de Yelawolf et de D12. Le second regroupe des hits passés comme Purple Pills, P.I.M.P, Lose Yourself ou In da Club. Un CD peu indispensable vu que tout le monde possède ou connaît ces sons.

  Parlons donc du premier cd. Eminem y joue le rôle principal. Il montre encore beaucoup de dextérité au micro et demeure très énergique. On écoute avec attention ses propos qui sont comme d’hab provocants et personnels. Il nous confie ses doutes concernant la continuation de sa carrière, fait de l’autocritique et parle aussi des problèmes de coeur. Que c’est mignon ! Il fait décidément partie de ceux qui varient le mieux leur façon de rapper. Vous ne risquez pas d’être lassés même si vous ressentirez peut-être une indigestion avec la montagne de mots qu’il débite. Il continue à chanter un peu et a progressé mine de rien. Nos oreilles souffrent moins qu’avant ! Royce da 5’9″ est comme à l’accoutumée très performant et maîtrise le storytelling avec brio. Yelawolf se débrouille plutôt bien et sert de bon lieutenant, mais je ne pense pas qu’il dépassera le duo Bad Meets Evil niveau talent. Le groupe D12 a réalisé un titre oubliable et semble prêt à être enterré malgré des bons flows. Slaughterhouse, en dépit d’un certain classicisme, montre assez de motivation pour mériter plus de respect.

  Concernant les prods, c’est en grande partie Eminem qui a mis les mains dans le cambouis, avec l’aide du musicien Luis Resto. Parmi les noms connus, on a également DJ Premier, Denaun Porter et Statik Selektah. Le résultat est globalement satisfaisant, à part deux, trois titres insipides comme Bane ou Shady XV. Celui-ci m’agace particulièrement avec ses deux notes de guitare très redondantes. Le problème de cet album est qu’il est coincé entre le commercial et l’underground. Il peut satisfaire un public large mais pas de façon optimale. Les morceaux comme Twisted, Die Alone ou Guts Over Fear sont radio friendly avec les fameux refrains qui squattent nos têtes, alors que Psycopath Killer et Y’All Ready Know privilégient une facette plus rude du rap. Cette diversité n’est toutefois pas gênante pour les habitués d’Eminem, vu qu’on la retrouve dans presque toutes ses oeuvres.

 Bref Shady XV n’est pas un classique mais vous passerez un bon moment avec. On a affaire à du travail sérieux ici. D’ailleurs je trouve que l’humour est moins présent qu’avant malgré des remarques visant régulièrement le dessous de la ceinture (Vegas). Eminem veut se montrer plus mature. Tant qu’il rappe aussi bien, pourquoi pas !

 

Eminem - Shady XV

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