Crédit d’impôt phono. : 400 nouveaux talents soutenus chaque année

Les syndicats de producteurs publient une étude d’évaluation du crédit d’impôt à la production phonographique (CIPP). Ce bilan témoigne du caractère vertueux et structurant du dispositif que les producteurs du Snep et de l’UPFI espèrent voir prolonger et renforcer.


Dans un contexte de réduction des dépenses publiques, le crédit d’impôt à la production phonographique – dont l’échéance est aujourd’hui fixée au 31 décembre 2019 – va-t-il être reconduit ?

C’est ce qu’espèrent les maisons de disques et labels pour qui cette manne est devenue essentielle comme en témoigne cette étude réalisé par le cabinet Xerfi à l’automne 2017 auprès de 17 sociétés de production phonographiques.


Les principaux enseignements du bilan :

• Aujourd’hui, le CIPP joue un rôle structurant pour accompagner une nouvelle dynamique de la production musicale en France, en particulier francophone : ce sont ainsi en moyenne plus de 400 projets de nouveaux talents dans tous les styles musicaux qui sont accompagnés et développés chaque année grâce au crédit d’impôt par des entreprises de toute taille.

Extrait : Le CIPP a rencontré un franc succès : le nombre de sociétés ayant sollicité un agrément n’a cessé d’augmenter au cours des dernières années, passant de 60 en 2007 à 197 en 2016 (en grande majorité des TPE et des PME).


• L’étude confirme aussi la rentabilité de ce dispositif pour les pouvoirs publics puisque les projets aidés engendrent plus de recettes pour l’État que la simple dépense fiscale : en moyenne, 1 euro dépensé par l’État pour accompagner les nouveaux talents musicaux va générer en retour 3 euros de recettes fiscales et sociales.

Extrait : Dans le cadre des projets ayant bénéficié du CIPP, les recettes de l’État s’élèvent à 24,8 M€ en moyenne annuelle sur la période 2015-2016, soit une dépense de 9,3 M€ sous forme de CIPP et des recettes fiscales et sociales de 34,2 M€.

• Si le crédit d’impôt favorise la vitalité de la production musicale, il bénéficie aussi à l’ensemble de l’écosystème de la musique : « un nouveau talent soutenu par ce dispositif, précisent les producteurs, ce sont aussi plus de droits d’auteur et d’édition musicale, ce sont plus de tournées dans les territoires, c’est enfin la capacité de faire rayonner les artistes à l’international via les plateformes de streaming ».

• L’étude démontre donc que ce crédit d’impôt est devenu « partie intégrante de la prise de risque des producteurs », dans un contexte où la production locale reste structurellement déficitaire comme en témoigne Stéphane Laïck du label A(t)Home et de l’UPFI : « Depuis 2010, notre résultat avant impôt est négatif et le résultat après impôt est positif. Tout est dit… »

Les producteurs du Snep et de l’UPFI, qui ont besoin de disposer « d’une visibilité maximale pour se projeter dans leurs investissements sur plusieurs années », appellent donc le Gouvernement et le Parlement à prolonger et à renforcer le dispositif au plus tôt.