Baromètre 2018 du Hip-Hop en France

La radio Mouv’ publie, en collaboration avec l’IRMA et l’Ifop, le premier Baromètre du Hip-Hop en France. Des données sur la perception de ce mouvement par le public et sur son poids dans l’économie musicale confirment ce que nous confie Bruno Laforestrie, directeur de Mouv’ : « le Hip-Hop a pris une place importante dans la société française ».

Comment cette culture est-elle aujourd’hui appréhendée ? Qui la pratique ? Quelles sont les villes les plus hip hop de France ? …
Autant de questions abordées dans ce baromètre construit autour d’un sondage et de données issues d’études ou de rapports professionnels.

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Pour analyser les résultats, nous avons demandé à Bruno Laforestrie, directeur de Mouv’, de commenter la démarche et les tendances qui se dégagent de cette « photographie ».


Bruno Laforestrie
Directeur de Mouv’

Pourquoi avoir lancé ce premier baromètre sur le Hip-Hop en France ?

Quand nous avons commencé à chercher des éléments d’analyse sur les publics, sur la manière dont ils percevaient et appréhendaient le Hip-Hop, nous n’avons pas trouvé d’étude exhaustive ou d’équivalent qui aurait regroupé les différentes disciplines Hip-Hop en proposant une analyse à la fois quantitative et qualitative. N’ayant rien vu qui satisfasse notre curiosité et compte tenu de la position de Mouv’, nous nous sommes dit que nous étions légitimes pour mettre en place ce premier baromètre.

Il s’agit également de confirmer ce que nous constatons depuis des années, à savoir que le Hip-Hop est une culture qui a pris une place importante dans la société française, chez les jeunes mais pas uniquement, que les concerts se remplissent, que les disques se vendent, que des personnalités sont à l’affiche et travaillent de plus en plus avec les marques, etc. Avec ce baromètre, nous pouvons commencer à observer quelques unes de ces réalités de manière globale et objective… et au passage mettre à mal certaines idées préconçues.

Que racontent les données publiées ? Avez-vous été surpris par certains résultats ?

Aujourd’hui, le mot Hip-Hop est entré dans le langage commun pour plus de 90% des personnes interrogées. Mieux, 86% d’entre eux considèrent que le Hip-Hop ne se limite pas à de la musique. Ils savent que c’est une culture complexe qui s’appuie sur différentes disciplines. Cela témoigne d’une bonne compréhension par le grand public de ce qu’est le Hip-Hop dans toute sa diversité.

« 2017 constitue une année charnière »

La réponse qui m’a le plus surpris est celle à la question du message porté par le Hip-Hop : est-il fraternel ou violent ? 70% des répondants estiment que le message est fraternel, 22% qu’il est violent. Si cela avait été l’inverse, j’aurais regretté la mauvaise perception du Hip-Hop par le public, mais je n’aurais pas été étonné outre mesure. Là, on constate plutôt que l’image du Hip-Hop a changé, notamment grâce à la popularité d’artistes comme Bigflo et Oli, Nekfeu ou Maître Gims.

Enfin, ce baromètre confirme la place prise par le Hip-Hop et le rap au sein de l’industrie musicale. Nous avons fait une synthèse et réunit des éléments qui étaient éparpillés pour proposer une photographie qui reflète le poids pris par le Hip-Hop dans cette économie, et cette photographie est d’autant plus intéressante que 2017 constitue une année charnière à ce niveau-là.
La question est maintenant de savoir si cette dynamique va se poursuivre, ce qui est probable lorsqu’on s’aperçoit que Bigflo et Oli remplissent un Bercy en une semaine !

Quelles sont les suites envisagées à ce baromètre ?

Nous souhaitons que les professionnels de la musique s’en emparent et nous fassent des retours sur l’intérêt de ce document [NDLR : un formulaire en bas de cet article est disponible à cet effet]. L’idée serait d’entamer un travail collectif avec les acteurs afin d’améliorer ce baromètre, que ce soit sur le sondage ou sur autre chose. Par exemple, on pourrait établir un classement des artistes Hip-Hop les plus marquants de l’année, ou apporter des éléments d’analyse pour aller au-delà des chiffres de vente de disques ou de tickets de concerts.

« Les professionnels peuvent enrichir ces données
et les organismes institutionnels s’en servir comme outils d’analyse »

Les professionnels peuvent venir enrichir ces données et les organismes institutionnels s’en servir comme outils d’analyse pour comprendre les freins qui existent encore. Au niveau de la diffusion, on remarque que les grands festivals programment près de 30% de Hip-Hop cette année, alors qu’il y en a moins au quotidien dans les salles de concerts. Pourtant, la demande du public existe… Le baromètre peut permettre d’observer cela et éventuellement servir de levier pour faire avancer certains sujets.


Commentaire sur le Baromètre 2018 du Hip-Hop en France :
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