Bilan Snep : la croissance se poursuit

Le marché français de la production musicale enregistre une nouvelle année positive en 2017 (+3,9%), portant à 583 M€ son chiffre d’affaires (hors synchro et droits voisins). Le streaming représente à lui seul 42% de ce résultat.


Streaming
Cette croissance est principalement portée par le numérique (+14.7 %) dont les revenus équivalent à la moitié du chiffre d’affaires global (48,8%).


Le streaming par abonnement génère l’essentiel de la valeur créée et représente 83% des revenus du streaming et 35% des revenus du marché. Si la progression du nombre d’abonnés se poursuit à un rythme un peu moins soutenu (+ 500 000 en 1 an, soit 4.4M d’abonnés), elle est compensée par une part plus importante des abonnés payants, hors bundle avec un opérateur téléphonique. Le chiffre d’affaires des abonnements audio a progressé de 167% en 4 ans.


Supports physiques
Pour autant, le marché des ventes physiques reste encore déterminant en France (51.2% des parts) et le Snep constate une « résilience du support physique dans notre pays » qui finit par constituer une spécificité française. La décroissance des ventes de supports est jugée « modérée » par les producteurs (- 4.7 %) pour qui le maintien de ce marché est important comme en témoignait Thierry Chassagne (Warner Music) dernièrement.
À noter que l’engouement pour le vinyle se confirme, et qu’il représente aujourd’hui 12.2 % du chiffre d’affaires du physique (le Top 10 des ventes se concentrant sur du back catalogue).


Formats
Entre 2016 et 2017, les ventes de titres en téléchargement ont baissé de 17,8% mais la consommation de titres en streaming a augmenté de plus de 50%. Le streaming représente ainsi 94,5% de la consommation de singles en 2017 (vs. 90,2% en 2016).
Entre 2016 et 2017, les ventes d’albums ont baissé de 9% (physique et téléchargement), mais l’écoute d’albums en streaming a progressé de 80%. Aujourd’hui, le streaming représente 38,8 % de la consommation d’albums (vs.24,3% en 2016).


Production française
263 albums ont été commercialisés en 2017 par les 3 majors en France, soit une centaine de plus qu’en 2010, et plus de 200 contrats d’artiste (contrats français) supplémentaires ont été signé sur les 5 dernières années.
Si 8 artistes produits en France ont dépassé les 100 000 équivalents ventes avec leur premier album, seulement 13% des albums français sortis en 2017 dépassent les 50 000 exemplaires vendus.


Distribution
En 2017, le chiffre d’affaires des éditeurs phonographiques s’est articulé autour de :

  • La distribution physique : les GSS (grandes surfaces spécialisées) représentent 49% de part de marché de la distribution physique, et la part du e-commerce a gagné 3,6 points en 4 ans.
  • La distribution numérique : dans un marché en baisse de 20.7%, iTunes est stable au sein des revenus du téléchargement. Les revenus du streaming sont quant à eux concentrés à 85% sur 4 plateformes audio – Deezer(37.2%), Spotify (24%), Napster (12.5%) et Apple (11.3%).